Connais-toi toi même ? / version politique

Posté le 24 mars 2014 par thekb dans Politique

Suis-je de droite ou de gauche ? Question naturelle à se poser avant d’aller voter ! Malheureusement question dépourvue de sens…

Historiquement déjà, la droite se différencie de la gauche par sa position dans l’assemblée, position due à son attachement à la monarchie. Ainsi les monarchistes occupent de manière conventionnelle la droite de l’hémicycle. Force est de constater qu’aujourd’hui, la plupart des hommes dits de droite ne se définissent guère  comme des monarchistes convaincus.

Redéfinissons ensemble alors, selon les bonnes variable, ce que pourrait être l’échiquier politique.

J’en retiens deux principales relevant des convictions personnelles de chacun

1- Primat groupe/primat de l’individu
L’homme a amélioré sa condition depuis le paléolithique. Cette amélioration est-elle le fait de groupes de gens en tant que classe (par exemple la classe des paysans qui ont nourri la société puis d’ouvriers qui ont permis sa modernisation) ? ou bien cette amélioration est-elle le fruit de quelques grands hommes, météores destinés à bruler pour éclairer leur siècle (par exemple Alexandre, Jésus, Genghis Khan, Napoléon, Marx, Freud) ?

2- Acceptation/refus des inégalités de la société
Est-il dans l’ordre des choses que certaines personnes soient immensément riches pendant que des personnes meurent de faim ? J’ajoute immédiatement qu’accepter cette situation ne signifie pas la cautionner et est évidemment parfaitement compatible avec le souhait que chacun vive dignement. Par contre, cette question demande si quand au plus profond de moi dépourvu des apparences, j’aime ce monde présent dans lequel je vis ou si au contraire je l’abhorre.

Se connaître soi-même, c’est commencer par connaître ses défauts.
Si je crois au primat de l’individu, je risque d’être égoïste puisque moi seul peux tout changer. A l’inverse je risque d’être dogmatique pour imposer le primat du groupe.
Si j’accepte les inégalités, cela peut faire de moi un sans coeur. A l’inverse, mon refus doit me conduire sur le chemin de la violence.

Si nous résumons par une matrice ce qui vient d’être dit,

Figure 1 : Qui suis-je ? / politique

Nous avons donc défini 4 groupes.Ils définissent 4 familles de pensée : les conservateurs, les socialistes, les libéraux et les anarchistes. Je t’invite lecteur à placer toi-même ces familles sur le graphe afin de voir si notre représentation commune correspond. Je t’invite aussi à placer les partis politiques français ainsi que quelques autres emblématiques.

Figure 2 : Qui suis-je ? / Politiuqe

Figure 3 : Qui suis-je ? / Politique

Quelles grandes leçons théoriques en tirer ? J’en vois 5.

1- Polarisation (voire une cristallisation) des débats  politiques pour chaque pays autour de la question des inégalités. Depuis le « vous n’avez pas le monopole du coeur » de Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterand en 1974 jusqu’à la grogne du tea party contre la loi d’Obama care en ce moment même.
2- A l’inverse, la vie politique pour chaque pays s’est figée à un certain niveau de primat du groupe/de l’individu. Ce n’est plus un enjeu de société. C’est bien dommage. En France, c’est aussi le fruit d’une alliance objective entre les conservateurs et les socialistes de notre pays pour confisquer le pouvoir aux libéraux, boucs-émissaires pratiques de tous les maux de notre vie quotidienne : pourtant force est de constater que l’échiquier politique français ne contient aucune composante politique dans la partie droite de la matrice (je développerai tout ceci dans un autre article). Alliance qui conduit aujourd’hui à la création d’un FN premier parti de France (un autre article aussi évidemment)
3- La vie politique française n’échappe pas à la polarisation des débats selon cette question des inégalités. Mais notre drame par rapport aux autres pays est que nos partis principaux de droite UMP et de gauche PS ont des conceptions complètement décorrélées des réalités économiques et sociales. Ainsi le débat proposé aux français est dangereusement biaisé par une arriération béante de la classe politique. (cela se lit sur le diagramme par l’alignement des conservateurs/sociaux-démocrates des autres pays sur un niveau supérieur à celui français)
4- Face à cet échec patent des politiques des partis d’extrème-gauche et d’extrème droite progressent fortement. Ce diagramme a le mérite d’une part de rappeler la tautologie suivante : un extrème est un extrème quel que soit l’extrémité par lequel on le prend et ainsi de les représenter côte à côte.
5- Il y a inévitablement une grande porosité entre les partis d’extrème entre eux. Une porosité semble aussi envisageable dans une moindre mesure entre conservateurs et socialistes. En revanche, il est inconcevable pour un libéral de voter socialiste. Dans sa représentation du monde, c’est la même chose que voter, le parallèle va choquer mais il est nécessaire, front national c’est-à-dire en somme national socialiste. A l’inverse, demanderiez-vous à Jean-Luc Mélanchon de voter Charles Beigbeder ? A un conservateur bourgeois dans son appartement du VIIIe arrondissement parisien  de voter pour un anarchiste ? Les diagonales sont impossibles.

Quelles applications pratiques pour les municipales et pour vous ?

Le principe est simple. Selon l’endroit où vous vous placez dans la matrice, vous choisissez le candidat le plus proche.

Une question subsiste dans le cas d’un socialiste déçu qui a le choix entre une liste Front National ou de voter UMP. Les dirigeants socialistes présentent toujours une détermination autant étonnante que sans faille pour appeler à voter UMP. D’un point de vue tactique, cela renforce l’image d’un UMPS et d’un complot anti-FN qui prend des allures de conjuration contre 15-40% des français selon les localités. Le FN se nourrit avidement des déçus du socialisme. Finalement les électeurs ne suivent pas toujours la consigne du dirigeant. 2002 n’est pas éternel.C’est donc mal joué. D’un point de vue stratégique, c’est encore pire.

Ce que je veux retenir de premier tour des municipales, c’est le désespoir ou l’ennui de  38% de français qui n’ont pas eu l’énergie pour accomplir leur devoir (ne devrait-on pas plutôt dire droit) citoyen !

Avec cette élection, nous électeurs avons retrouvé notre liberté. Je nous souhaite que ce ne soit pas pour mieux la perdre. Dès lors, nous comptons sur vous autres, chers non électeurs pour voter.  Quelles que soient vos opinions mêmes blanches !

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