Qui perd, gagne ?

Posté le 31 mars 2014 par thekb dans Politique

Curieuse élection que celle où la victoire à Angers de l’UMP et celle du front national à Cogolin à 20h sur TF1 permettent de parler d’une défaite cinglante des socialistes. Sans réduire l’importance du vote des cogolinois et des angevins, certains enjeux non analysés encore à cette heure revêtent nationalement une importance bien supérieure.

I- 4 défaites mais que de symboles !

Défaite du PS : Cette défaite, tout le monde la voit, tout le monde la commente. Inutile de s’y attarder, sauf à remarquer non sans esprit chagrin que les villes de Verdun et de Lourdes ont été conquises par ce même PS. Au moins le ton est donné, les commentaires journalistiques se feront sous l’angle des symboles. Dans cette dimension, le PS n’est pas en reste : il attend un miracle et en attendant ne lâchera rien.

Défaite de l’UMP : Une lecture succincte permet au lecteur naïf de se convaincre qu’il a assisté à une vague bleue. Petite question subsidiaire toutefois. Sur 41 villes de plus de 100 000 habitants, combien sont désormais gérés par la droite ? 22/41. Il en reste 19/41 à la gauche. En cette soirée de victoire majestueuse, Lyon et Paris sont restées à Gauche. Qu’importe les symboles sont ailleurs. A Quimper, Angers, Limoges et bien d’autres encore.
Ce n’est que de la poudre aux yeux. L’UMP, dans ce contexte de désavoeu du parti au pouvoir et de désarroi des citoyens, aurait du reprendre l’intégralité des villes sans coup férir à défaut une grande majorité (29 vs 12 pour la gauche en 2008). Si elle ne l’a pas fait et si en sus elle refuse de constater la réalité du résultat, c’est pour protéger ses ténors avec à la leur tête Jean-François Copé qui ne pensent qu’à leur propre avenir politique.

Défaite du FN : Notre marine nationale a donc remporté dix villes et n’a pas attendu plus pour fêter sa victoire sur  les plateaux. Certes, je lui concède que le front national a gagné ses dix villes envers et contre tous (encore heureux d’une part et comme la droite elle-même l’a fait d’autre part).
Mais il y a deux gros bémols. Le premier pour l’avenir immédiat. 10 villes, ce n’est pas la France. La dynamique n’est pas exceptionnelle au point de faire nécessairement de son parti le premier parti de France pour les européennes qui vont arriver en mai. Le second à plus long terme. Ces 10 villes sont désormais 10 épines dans ses pieds. Elle hérite de villes dans un état de délabrement avancée avec des prérogatives restreintes mais remplies de scrutateurs contempteurs avides de revanche. Pour un parti d’extrème-droite, l’opportunité de prise du pouvoir se fait toujours par une élection nationale. Victoire tactique mais défaite stratégique que cette nouvelle implantation du FN.

Défaite de l’extrème-gauche : L’extrème-gauche avait toutes les armes pour tirer profit du dégoût de la gauche gouvernementale. Le résultat à Grenoble est la preuve que de nombreuses victoires contre les solférino-élyséens étaient à portée de main. Cependant encore fallait-il réaliser une union de la gauche de la gauche au préalable ! Mélenchon, habituellement habile stratège, s’est laissé enfermer pour cette élection dans une posture de critique de ses propres alliés du parti communiste. Nul front de gauche mauvais remake de 1936, mais un ordre de bataille désuni avec des guenilles de parti de gauche, de lutte ouvrière, d’EELV et de parti communiste de ci de là. Erreur grave surtout au vu de la troisième mi-temps qui va se jouer à gauche !

II- Le congrès de Tours, vous connaissez ?

Un peu d’histoire. Fin 1920, le SFIO (le PS d’antan) est profondément divisé entre 3 camps. A l’époque, le problème ne se fait sur fond d’économie mais de croyance politique (chacun a l’époque qu’il mérite). Un premier courant de rejet de la SFIO  souhaite s’aligner sur les bolcheviks de Lénine et la IIIe internationale. S’y trouve une majorité des militants. Un deuxième courant souhaite largement s’y aligner mais conserver une certaine autonomie. Enfin un troisième courant souhaite se moderniser et se réinventer indépendamment de l’oeil de Moscou. S’y trouve une majorité des élus.
Le résultat fut la scission du SFIO avec la création du SFIC (le PC d’antan).

Hegel puis Marx ont observé que « tous les personnages, les grands événements historiques se répètent deux fois, la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » François Hollande est notre Léon Blum de l’époque. Vous ne compreniez pas son côté blagueur ?
La majorité des élus PS devant la réalité économique ont fait leur mue et sont désormais favorables à accueillir en leur sein une économie politique moderne de l’offre. La majorité des militants PS devant les sacrifices qu’impliquent pour leurs croyances une telle politique préfèrent choisir une voie obscurantiste mené par de joyeux populistes hier soutenus par Zinoniev aujourd’hui par Hamon, Montebourg et Duflot.
Cette élection et les manoeuvres d’entre-deux tours a dessiné le fossé du parti socialiste. Ne nous y méprenons pas : c’est un choix fondamental et structurel pour les décennies à venir qui s’offre dans les prochaines heures et mois avec le remaniement et l’ajustement politique ad hoc pour la gauche française.

Et malheureusement pendant cette introspection quasi-psychanalytique de ce PS au gouvernement, dans l’indifférence générale, la France a publié un déficit public catastrophique de 4,3% du PIB en 2013 bien au-dessus des estimations. Au moins en politique nationale, la tautologie bat le symbole. Qui perd, perd !

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