Une histoire simple

Posté le 26 septembre 2014 par thekb dans Introduction

Il a passé en premier la ligne. Champion. Enfin pas encore. Attente anxieuse de la validation par le jury de ce résultat que le public vient de voir émerveillé.

Si la course n’a pas été facile, que dire de sa préparation, rendue plus ardue par son manque de matériels et d’infrastructure adaptée ? Que d’importance ! En cet instant, seul l’exploit compte; pas la différence de moyens avec les compétiteurs… Bien au contraire d’ailleurs, l’histoire n’en est que plus belle. D’ailleurs en y regardant de plus près, a-t-il été si dépourvu ? Non mille fois non. En lui sa volonté. A ses côtés, cette présence si particulière qui croit en lui.

Son sport, il l’a choisi librement. De quel droit aurait-on pu inférer dans sa vie pour lui imposer une autre voie que celle-ci ? Par choix, il s’est focalisé sur ce qu’il savait faire. Par courage, il s’est tenu à cette posture. Par persévérance mais aussi par chance, il est allé au bout. Pourtant…

Hier encore quelques-uns de ses plus proches lui avaient conseillé de déserter cette compétition. Aucune chance face à numéro 1, un monstre. Monstrueux mais pas antipathique. (Rien à voir avec numéro 732 qui avait tenté un croche-pattes pour mettre fin définitivement à sa carrière. Heureusement l’arbitre l’avait exclu. Lui n’avait rien demandé de plus au système et le système ne lui avait rien donné.) Voilà que numéro 1 lui donne une accolade sous les ovations. Dès demain, il seront à nouveau les meilleurs adversaires mais d’ici là, chacun peut montrer à l’autre son profond respect.

Finalement le résultat du jury tombe. Il valide naturellement son exploit. Dire qu’hier encore, par égalité pour ses partisans, par mépris pour ses opposants, certains réclamaient un handicap pour numéro 1 au départ. Il en rit. Et avec ce rire, il vainc ce démon qui l’a condamné à revivre éternellement sa vie.

 

Quelle est cette histoire ? Nous la connaissons tous, nous l’adorons tous mais nous semblons ignorer que derrière la fiction sportive se cache l’allégorie du libéralisme. Quelques mots d’exégèse.

Chaque citoyen du monde dès sa naissance devient un membre de ce gigantesque terrain de sports qu’est notre planète. Devant l’infinité de sports (de la vie professionnelle à la vie personnelle), le libéral préfère éviter dénombrement, liste et relations d’ordres.

Néanmoins soucieux que chacun puisse s’exercer dans son domaine sans spoliation, il va assigner à l’état un rôle d’arbitre. Fixant les règles et assurant le bon déroulement des jeux, ce dernier se réservera en dernier recours la capacité prendre des sanctions mais cela restera toujours une parenthèse de l’histoire. Par contre, en aucun cas, il n’aura comme compétence dans un souci d’efficience de pouvoir attribuer le sport au citoyen ou dans un souci d’égalité de pouvoir raccourcir une compétition pour une personne n’ayant pas eu la possibilité de suivre les mêmes entraînements qu’une autre.

Ici naît la différence ontologique avec le socialiste. Le libéral dans un souci de liberté cantonnera son action à définir le périmètre des jeux et les règles s’y appliquant, le socialiste dans un souci d’égalité cherchera à agir directement sur l’épreuve. Mais si le souci de liberté peut être résolu par un cadre, le souci d’égalité est condamné à une perpétuelle fuite en avant. En effet, c’est à la naissance que se font les deux premières inégalités : qui sont nos parents l’éducation, quelles sont nos caractéristiques physiques et intellectuelles. Aussi le libéral ne sera jamais dupe que tout programme socialiste est par essence totalitaire et que son bien le plus précieux sera à jamais sa liberté jamais l’égalité. Loin d’un égoïsme néfaste, cette posture permet au contraire de donner à chacun sa chance à condition que la personne souhaite la saisir. Le libéral fait alors acte de foi que la volonté de puissance de chacun suffira.

Finalement envers le sportif comme envers le libéral, le lecteur a le choix : d’abord  il peut s’arrêter à l’égoïsme du grand champion ou considérer sa communion avec ses proches, ensuite il peut croire à une compétition destructrice ou percevoir la magie des performances par la concurrence, enfin philosophiquement il peut s’interroger s’il souhaite gommer à chaque itération possible de la vie les différences/inégalités ou au contraire leur donner toutes leurs valeurs par ses actes.

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